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Age of Empires II : Age of Kings (AOE)

Exit Age of Empire II, voici l’âge des rois

La dernière version d’Age of Empire est sortie voici quelques semaines. Nous avions déjà su apprécier la version originale, Age of Empire, et bien sûr, il nous tardait de voir ce que ce nouvel épisode des aventures antiques nous réserverait. Tout d’abord, pour ceux qui ne connaissent pas ce jeu, disons qu’il s’agit ici de stratégie militaire et économique, quoi que le militaire prime largement sur le point de vue économique. Un peu comme au Liberia ou en Sierra Leone, en somme. Le joueur se trouve propulsé dans des époques lointaines comme p. ex. celle de Jeanne d’Arc, de Gengis Khan ou des croisades et il s’y trouve confronté à des adversaires qui ont pour seul but sa destruction la plus prompte et la plus radicale possible. Chaque camp dispose d’un certain nombre de troupes qu’il s’agit de manœuvrer afin de déjouer les pièges de l’adversaire, afin de le battre car il n’y a pas de seconde place ici. Age of Kings est donc ce que l’on appelle communément un wargame, un jeu de stratégie militaire.

Age of Empire vs. Age of Kings

Lorsqu’un éditeur se met en tête de sortir une nouvelle version de l’un de ses jeux, qui, de plus, a été un «best seller», il est entendu qu’il doit faire mieux et apporter des innovations à la dite version. Est-ce le cas pour Age of Kings ? Sans hésiter, oui. Et s’il fallait donner un «bien» pour Age of Empire, il faut alors offrir une mention «très bien» pour Age of Kings. Pourquoi ? Eh bien parce que, aspect non négligeable, le graphisme est bien mieux soigné, plus beau. Ensuite, on a tenu plus compte des contextes historiques. En effet, alors que dans Age of Empire, des civilisations menaient des batailles contre leurs adversaires un peu au hasard, par contre dans Age of Kings, les campagnes ont une référence évidente avec certains épisodes de notre histoire passée, comme p. ex. les tribulations de Frédéric de Barberousse avec le Vatican ou, encore, la guerre de Cent Ans. Autre chose encore : dans la première version de ce jeu, les ouvriers (bûcherons, mineurs, paysans, etc.), manifestaient souvent une indiscipline à rendre fou n’importe quel instructeur militaire; on les voyait ainsi s’en aller débiter du bois aux portes mêmes de l’ennemi et… s’y faire tuer ! Dans Age of Kings, ce problème, s’il se pose encore quelques fois, a été fortement amélioré. Et c’est tant mieux. Ceux qui ont aimé Age of Empire I' aimeront d’autant plus la nouvelle version.

Installation : pensez Pentium

Performances graphiques vont généralement de pair avec une bonne configuration par conséquent, avec un niveau Pentium 166 MhZ minimum, quoique nous recommandons plutôt un Pentium 200 MhZ pour être à l’aise. Sachez aussi que si vous ne disposez pas de 300 Mo d’espace disque libre (200 pour le jeu lui-même et 100 pour les fichiers d’échange), vous ne saurez pas jouer avec Age of Kings. Une carte graphique avec 2 Mo de mémoire est recommandée par l’éditeur mais, ici encore, nous voyons les choses à la hausse et pensons que 4 Mo minimum pour cette carte graphique ne seront pas de trop. Nous avons testé Age of Kings sur un Pentium II cadencé à 350 MhZ avec une carte 3D Rage Pro (Ati technologies) dotée de 4 Mo de mémoire. Avec une telle configuration, aucun problème de fluidité dans le jeu n’a été constaté. A un détail près : lorsqu’une sauvegarde est lancée, le jeu s’est montré fort saccadé dans les 2 ou 3 premières minutes. Par la suite, cet inconvénient disparaît de lui-même rassurez-vous. Ce petit problème fut le seul rencontré avec Age of Empire lors de nos tests ; l’adage selon lequel la perfection n’est pas de notre monde est donc bien exact.

Et quid du jeu ?

Tout d’abord, la vidéo de lancement : elle est superbe et très fluide. Bravo pour ça. Quant au jeu en lui-même, il se subdivise en cinq campagnes, chacune d’entre elles reprenant un contexte historique déterminé. Dans ce mode campagne, le joueur se verra attribuer des missions à accomplir et disposera pour cela, au départ de la partie, d’un certain nombre de soldats et ouvriers. A lui de bien s’en servir pour augmenter la taille de son armée et rendre florissante son économie. Et si les troupes militaires sont très importantes, le travail des ouvriers ne l’est pas moins. En effet, c’est à eux que reviendra la tâche de remplir les greniers de denrées alimentaires, de faire grossir les stocks dans les scieries et, enfin, d’amasser le plus possible d’or et de pierre. Pourquoi ? C’est simple, pour que la civilisation progresse et que soient découverts des avantages technologiques (armes, remparts, marine, prêtres, etc.), toutes ces denrées sont nécessaires car elles serviront à acheter les progrès. Elles peuvent aussi servir à payer des tributs lorsqu’une civilisation ennemie trop puissante en fait l’exigence sous peine de vous anéantir dans les deux minutes montre en main. Tout cet ensemble est admirablement géré par le moteur du jeu et on peut dire que, en quelque sorte, les choses vont d’elles même dans la mesure où l’on prend bien garde à tous ces paramètres.

Coup d’oeil sur les campagnes... Saut dans l’histoire

Afin de bien vous montrer ce qui vous attend, nous allons à présent faire un rapide récapitulatif des campagnes. Ainsi, vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous a pas prévenus...

William Wallace... ou comment apprendre

La campagne dédiée à l’ami William a ceci de particulier qu’elle sert de tutorial aux joueurs débutants. Dans la première partie, le joueur sera invité à apprendre à faire marcher ses hommes, les réunir et les faire attaquer. Pour ça, une voix guide le joueur pas à pas et cela de façon très claire, détaillant exactement comment se servir de la souris.

La seconde partie initie le joueur à l’économie. Pour cela, il y a toujours la voix d’un homme parlant français avec un manifeste accent britannique qui détaillera les choses à faire. On apprend ainsi à donner des ordres de récolte de nourriture, de bois ou de minerais aux ouvriers. Ceci fait, voici la troisième partie, dans laquelle il s’agit d’apprendre comment créer d’autres ouvriers et comment se servir de ceux-ci pour construire des habitations ou autres bâtiments (caserne). Quatrième partie : vous apprenez maintenant de quelle façon il faut s’y prendre pour progresser dans les époques et les technologies. Autant dire de suite que cette leçon est essentielle à tout débutant qui désire l’emporter sur ses redoutables ennemis. Et... attention aux anglais et à leurs raids ici.

Cinquième étape, la bataille de Stirling. Les Ecossais, sous la direction de William Wallace vont devoir battre les Anglais sur le site de Stirling. Pour ce faire, il leur faudra débuter avec quelques ouvriers et un cavalier éclaireur. Au joueur de bâtir un village, une armée et une économie forte s’il veut vaincre. Notre très chère « voix » est toujours là pour guider les hésitants. Les deux parties suivantes de ce didacticiel sont là pour que le joueur puisse bien perfectionner ses connaissances nouvellement acquises. Lors de ces derniers rounds, la voix se fait beaucoup plus rare, considérant que ce qui est déjà appris doit être connu.

Sur la route de la gloire ?

Fini le didacticiel, maintenant il s’agit de faire face aux vraies campagnes. Elles sont au nombre de quatre : Jeanne d’Arc, Frédéric de Barberousse, Saladin et Gensis Khan. Comme ce fût le cas dans le didacticiel, avec ces campagnes, le joueur devra remplir des missions qui lui sont assignées de parties en parties. Les premières missions sont généralement aisées mais, au fur et à mesure que le joueur progresse, la difficulté va en s’accroissant et il n’est pas rare que l’on ait pas affaire à un adversaire, mais à deux, voire trois ou plus encore. Quelques erreurs de stratégie peuvent donc coûter très cher. Pour encore parler de difficultés, avant de commencer à jouer, l’on peut choisir le niveau de ces mêmes difficultés qui vont de « très facile » à « très difficile ». Autant dire de suite que le choix de « très difficile » est là tout spécialement pour ceux qui adorent se faire massacrer. Ils ne seront pas déçus.

Et que faire quand les campagnes ont toutes été terminées, faites et refaites ? Ca, c’est prévu et un éditeur de scénario est intégré dans le jeu ; ce qui permet aux joueurs de créer leurs propres cartes et plans de bataille et, bien entendu, augmente d'autant ce qu’on appele la durabilité de jeu. Enfin, il est évident qu’à l’heure des télécommunications, il fallait impérativement que Age of Kings puisse être joué à plusieurs, en réseau, via modem ou sur Internet. Ne vous inquietez pas, c’est prévu et ça fonctionne.

Le Moyen Age en x leçons... Autant savoir

L’aide que l’on trouve pour le jeu est relativement bien conçue et l’on peut même y trouver une petite encyclopédie qui décrit le parcours historique des civilisations présentes, ainsi que leurs stratégies, leurs armes et la situation politique globale. Voilà de quoi ravir les esprits férus d’histoire. Ca fait plaisir, d’autant qu’on a rien demandé. Jouer, c’est bien, mais apprendre un peu en même temps, c’est encore mieux.

En résumé, avec Age of Empire II - Age of Kings, nous avons affaire à un excellent jeu de stratégie de combat. Celui-ci ne démérite pas de la première version, au contraire, bien des perfectionnements ont été ajoutés et, aspect non négligeable, le quotient d’intelligence artificielle des adversaires (ceux contrôlés par l’ordinateur) a été revu à la hausse. En définitive : bravo pour cet excellent jeu !


Jouabilité : 9/10
Documentation : 8/10
Durée de vie : 8/10
Graphismes : 8/10

Configuration

Pentium 166 MhZ
Windows 95/98 ou Windows NT 4.0 avec Service Pack 5
32 Mo de RAM
300 Mo d'espace disque libre
Carte graphique avec 4 Mo de mémoire

Conception

Microsoft/Ensemble Studios



 
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