Et le voilà qui repart en
chasse
Voilà que nous revient, après bien des attentes, l'enquêteur
Gabriel Knight. Notre ami, qui préfère, au titre d'enquêteur,
celui de chasseur d'ombres (Schattenjäger dans sa langue
maternelle), se trouve cette fois-ci propulsé dans une
aventure bien mystérieuse (ce qui ne le changera pas de
beaucoup). Où ça ? En pays Cathare (France). Nous avions
déjà pu suivre notre héros dans l'épisode "Sins of
the Fathers" ou, encore, dans "The Beast Within"
où il eut à fréquenter des personnages fort peu recommandables.
Ceux qu'il aura a croiser dans ce nouvel épisode, "Enigme
en pays Cathare", le sont tout autant. Enfin, certains
d'entre eux.
L'intrigue?
Trésor et mystères ou mystère du trésor ?
Gabriel,
décide de se rendre en pays Cathare, convié par le Prince
James Stuart, qui lui a demandé d'enquêter sur l'enlèvement
de son fils, ainsi que sur les agissements de "voleurs
de sang", pour ne pas dire de vampires. Ainsi, il
atterrit à Couiza, dans un hôtel empli de touristes amateurs
de chasse au trésor et guidés par une rousse plantureuse
qui répond au nom de Madeline Buthane. Quel trésor ? A
ce propos, le grand mystère et de nombreuses théories,
dont celle du Saint Graal n'est pas la moindre. Bien évidemment,
s'il est toujours pris par ses recherches sur la disparition
du fils du Prince Stuart, notre ami n'en est pas moins
attiré comme un aimant électromagnétique vers ce mystère
de trésor. Comment pourrait-il résister à un tel attrait
? Et puis, qui sait si les deux choses ne sont pas liées
? Mais, ici, au joueur de dénouer les fils. A celui-ci
de bien comprendre que, comme dans toute aventure qui
se respecte, le succès de l'enquête (ou son échec) dépendra
des décisions à prendre, des discussions que Gabriel aura
ou n'aura pas avec les autres protagonistes de l'affaire.
Retenez bien ceci : ces discussions sont capitales tout
autant que l'esprit d'observation dont devra faire preuve
l'enquêteur. Mais, rassurez-vous, Sydney est là pour vous
aider. Qui est donc Sydney ? Rien de moins qu'un petit
bijou informatique doué d'aptitudes particulièrement intéressantes.
Bien entendu, il peut stocker des données concernant des
individus et les analyser. Mais ce n'est pas tout. Il
sera, en effet, d'un grand secours lorsqu'il faudra fabriquer
une fausse identité (oui, oui, ce n'est pas joli mais
on a pas toujours le choix), effectuer des traductions
ou, heure des télécommunications oblige, expédier ou recevoir
des E-mail. Mais ne comptez tout de même pas sur ce cher
Sydney pour faire tout à votre place et gardez l'?il bien
ouvert. Et puis, il y a Grace aussi, la charmante Grace.
Que va t'elle nous faire comme belle surprise encore ?
L'interface
du jeu ? Tout en 3D
Le
joueur qui pénètre dans l'univers de cette dernière aventure
de Gabriel Knight remarquera de suite que l'interface
a été modelée en 3D et que la navigation du personnage
dans les décors se fait admirablement bien. Un astucieux
jeu de caméras permet de visualiser les scènes sous à
peu près n'importe quel angle. Tout se passe comme si,
en quelque sorte, vous étiez un observateur discret qui
observe les mouvements du héros. Vous le voyez donc évoluer
d'un endroit à l'autre et cela en choisissant vous-même
les angles de vue. Quant à ce héros lui-même, il peut
faire bien des choses, comme observer de près, ouvrir
des portes (ça vaut mieux), manipuler des objets, etc.
Dans un chapitre plus évolué, vous ordonnerez à ce cher
Gabriel de commettre des actes quelque peu répréhensibles,
comme celui d'écouter aux portes ou de dérober des objets
sur d'autres personnes. Tout cela fonctionne et fonctionne
bien, si ce n'est que l'on pourrait peut être reprocher
un manque de fluidité. Disions que ce n'est pas vraiment
lent, mais ce n'est pas non plus tout à fait fluide; ce
qui, rassurez-vous, n'empêche nullement de progresser
dans l'intrigue à une vitesse qui reste malgré tout raisonnable.
Le
joueur peut très bien mener la quasi totale des opérations
uniquement au moyen de la souris (avancer, observer, agir,
etc); ce qui facilite fort la navigation. Aussi bien vu,
le choix de ne pas implanter dans le jeu une quantité
trop importante de commandes qui aurait contraint le joueur
à étudier celles-ci avant de vraiment pouvoir se lancer
dans l'aventure.
3D gourmande
Le
graphisme est indiscutablement de grande qualité et nombre
de décors sont fort beaux et démontrent une évidente volonté
de la part des concepteurs de ne pas donner n'importe
quoi aux joueurs. Mais cette qualité graphique exige beaucoup
de ressources mémoire, d'autant que tout est, comme déjà
dit, en 3D. Cependant et dans la mesure ou cela n'handicape
pas vraiment le jeu, nous estimons que cela valait la
peine, tant les décors ont été bien dessinés. Et c'est
la même chose pour les personnages qui, malgré une raideur
de temps à autre, offrent malgré tout un aspect excellent,
tant dans leur apparence que dans leurs démarches. Et
le plaisir des yeux, ce n'est tout de même pas rien.
En
résumé, nous pouvons classer Gabriel Knight 3 dans la
catégorie des bons jeux d'aventure, celle qui ne laisse
pas le joueur indifférent. Les scènes sont très nombreuses,
comme le sont les situations ou énigmes à résoudre. Pour
certaines d'entre elles, d'ailleurs, il faudra sérieusement
réfléchir ou ne pas aboutir. Mais, le jeu de l'intelligence
n'est il pas si agréable ?