La société française Mathématiques
Appliquées S.A, MASA pour les initiés, nous
gratifie d'un jeu de stratégie en temps réel
qui mérite largement que l'on se penche dessus.
Surprise, parce que MASA, spécialisée dans
l'intelligence artificielle, ne semblait pas se dédier
aux jeux vidéos. Ceci dit, nous serons les derniers
à regretter cette surprise. D'abord, parce, globalement,
nous n'avons pas été déçus
et, ensuite, parce que Conflict Zone, le jeu en question,
contient des éléments que nous n'étions
pas habitués à voir dans le domaine des
jeux de stratégie.
Le
contexte...
Nous
sommes en 2010, dans un futur pas tellement éloigné,
en somme, et le monde est désormais géré
par de grands blocs politiques. Ces blocs ont pris la
décision de s'associer entre eux pour constituer
le Corps International pour la Paix (ICP), une force armée
qui remplace l'OTAN et l'ONU, devenus quelque peu désuets.
Vous l'aurez compris, l'ICP a pour charge de s'interposer
entre d'éventuels bélligérants en
cas de crise militaire.
Et comme nous ne vivons malheureusement pas dans le meilleur
des mondes, nous avons l'élément hostile,
représenté par le GHOST, un groupe de sociétés
multinationales dont les seuls objectifs sont le profit
économique et rien que cela. De quoi faire frémir
d'horreur les adversaires de la mondialisation. Bien entendu,
afin d'étendre toujours plus sa sphère d'influence,
ce GHOST n'hésite pas à financer des armées
qui sont ensuite jetées comme la peste sur le monde
sur les Etats qui ont " l'audace " de leur résister.
Pas bien brillant tout cela mais, heureusement, l'ICP
veille et est toujours prète à s'interposer
si l'un de ces conflits sordides devait survenir. S'interposer
et, ensuite, obtenir la capitulation et le retrait des
troupes hostiles.
Nouveautés...
Ne tuez pas les civils....
Conflict
Zone intègre, nous l'avons dit plus haut, quelques
réalités qui sont curieusement absentes
dans les autres jeux de stratégie. La première
d'entre elle est l'élément médias.
Le GHOST va tout faire pour discréditer l'ICP et
compte bien, pour cela, ce servir de la presse. Et des
médias trop hostiles, peuvent provoquer une mauvaise
réaction du public qui demanderait alors le retrait
de l'ICP de la zone de conflit. Autant dire que si cela
arrive, le GHOST sort victorieux de l'affaire.
Et
comment ce maudit GHOST pourrait-il retourner les médias
contre l'ICP ? Eh bien, tout simplement avec la carte
" civils ", seconde nouvelle réalité.
En effet, l'ICP se doit de prendre en charge les civils
pris dans le tourment du conflit en les regroupant et
en les plaçant dans des centres pour réfugiés
ou en les faisant soigner dans des hôpitaux de campagne.
La force d'interposition aura donc à construire
au plus vite de tels centres et hôpitaux et disposera
également d'hélicoptères de récupération,
d'hélicos ambulance. Que l'ICP s'abstienne d'aider
les civils et le GHOST se chargera rapidement d'en aviser
les médias, prétendant que cet ICP n'a que
faire de la vie des populations.
Le
jeu...
Le
joueur pourra choisir de prendre soit la direction de
l'ICP, soit celle du GHOST. S'ensuivront des scénarios
au cours desquels il faudra imprérativement remplir
des missions assignées pour gagner. Des éléments
classiques des jeux de stratégie apparaissent ici,
comme le devoir de construire des infrastructures tels
des usines d'armements, des casernes, des unités
militaires (mobiles, aériennes ou troupes). Certaines
de ces armes, qui se perfectionnent au cours du temps,
deviennent particulièrement redoutable comme c'est
la cas, par exemple, pour les hélicos antichars
dont un seul élément peut parfois semer
l'épouvante à un escadron de blindés
au grand complet. Et comme MASA est spécialisé
dans l'IA, autant dire que l'intelligence de l'ennemi,
édifiée sous le moteur DirectIA, est à
prendre tout à fait au sérieux.
Soyez
sans crainte, la prise en main du jeu se fait de façon
assez simple et, de plus, un excellent tutorial est présent
et explique de façon claire ce qu'il faut faire
et, bien sûr, comment le faire. Ce tutorial franchit,
il reste à choisir son camp, GHOST ou ICP et, ensuite,
partir défier les dieux de la guerre. Ou d'autres
joueurs humains puisque, sous CZ, le mode multijoueur
(LAN ou Internet) n'a pas été oublié.
Aspect
techniques
Le
jeu se manipule essentiellement avec la souris et la chose
se fait de façon assez simple. Un clic de souris
pour donner des ordres à ses troupes, un autre
pour construire un bâtiment ou un char lourd ou,
encore un autre pour visualiser la carte opérationnelle.
La roulette de la souris n'a pas non plus été
omise puisqu'on lui a trouvé une fonction de zoom
tout à fait utile.
Côté graphisme nous avons découvert
des paysages superbes et une bonne fluidité (pour
peu que la carte graphique suive). Les choses se déroulent
en 3D avec une possibilité de manipulation des
éléments sous un angle de 360° permettant
de visualiser le champs de bataille de façon très
précise. Le son aussi n'est pas en reste et nous
avons été séduit par le ronronnement
des rotors d'hélicos ou le fracas des bombes. De
quoi être totalement plongé dans un autre
monde.
En résumé,
Conflict Zone nous a agréablement impressionné
non pas par son aspect graphique qui, s'il est indiscutablement
bien conçu, aurait pu être mieux vu par les
concepteurs, mais, plutôt, par l'intelligence artificielle
de l'adversaire qui place très haut le réalisme
du jeu. Une chose est claire, Conflict Zone va probablement
acquérir une place méritée dans le
top 10 des jeux de stratégie. Mais, attention,
ne négligez pas le fait que si vous ne disposez
pas de configuration minimale, le jeu ne fonctionnera
pas correctement.